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Laïcité, Liberté, pensée libre, athéisme, on trouve de tout ici, même des croyants

L’idéal d’une société laïque, ce n’est pas une parfaite neutralité : la société laïque n’a pas à concilier des principes, mais des revendications dont chacune, à la limite, menace le principe même de son existenceElle doit établir et maintenir la loi des parties entre elles, à l’encontre de tout groupe, de tout individu qui n’en veut que pour soi au nom de la vérité qu’il professe ou de la liberté qu‘il cultive. Elle cesse d’exister si elle doit régner sur la jungle et par la force, dompter des appétits sans retenue ou des rivalités sans pitié : elle suppose une certaine civilité des esprits et des mœurs.  En réalité aucune démocratie n’est possible sans laïcité politique, et cette exigence est commune à tous les démocrates, qu’ils soient libres penseurs, chrétiens, musulmans ou israélites. C’est pour cela que nous devons défendre notre laïcité quand elle est affaiblie ou en danger.

Vendredi 20 juillet 2007
Ratisbonne, l'erreur de Benoît XVI
par Henri Pena-Ruiz
La liberté et la démocratie ne sont pas les héritages d'une religion, elles ont été conquises.

De quel côté, dans l'histoire humaine, se sont trouvés le rejet de la raison et le recours à la violence pour imposer la religion ? Prétendre, comme l'a fait le pape Benoît XVI à Ratisbonne, que l'islam seul est en cause relèverait d'un singulier oubli. D'abord, il y a évidemment injustice à confondre islam et islamisme. Comme il y en aurait à confondre la foi chrétienne et le cléricalisme catholique, inspirateur des guerres de religion, des croisades, des bûchers de l'Inquisition, de l'Index des livres interdits, et de l'antijudaïsme converti en antisémitisme sans qu'un tel glissement soit dénoncé.

Ensuite, on ne peut passer sous silence le fait que l'idée de répandre la foi par le glaive a été soutenue par des théologiens chrétiens autant que par certains islamistes. Saint Anselme lui-même affirmait que l'Eglise doit user de deux glaives : le glaive spirituel de l'excommunication et le glaive temporel du châtiment corporel, allant jusqu'à la mise à mort des hérétiques et des mécréants. "Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens" : c'est la réponse effectuée par le légat du pape, Arnaud Amaury, à ceux qui, lors du siège de Béziers, en 1209, souhaitaient distinguer les catholiques des hérétiques. On trouve la fameuse expression sous la plume de saint Paul : "Le Seigneur connaît les siens" [IIe Epître à Timothée]. Saint Augustin n'était pas en reste, qui affirmait : "Il y a une persécution juste, celle que font les Eglises du Christ aux impies... L'Eglise persécute par amour et les impies par cruauté".

Si le christianisme est religion de paix et de dialogue rationnel, comment comprendre que, pendant les quinze siècles de sa domination temporelle, l'Eglise qui disait s'en inspirer ait pu couvrir tant de violences faites aux hommes qui ne croyaient pas comme il faut ?

Emmanuel Kant, que Benoît XVI cite dans sa conférence, dresse un bilan raisonné de l'histoire réelle du christianisme et le confronte à l'orientation morale qu'il attribue à Jésus Christ. "Cette histoire du christianisme, [...] quand on l'embrasse d'un seul coup d'oeil, comme un tableau, pourrait bien justifier l'exclamation "Tantum religio potuit suadere malorum" ["Tant la religion a pu inspirer de maux"], si l'institution du christianisme ne montrait pas toujours d'une façon suffisamment claire qu'il n'eut pas primitivement d'autre fin véritable que d'introduire une pure foi religieuse" [la Religion dans les limites de la simple raison].

Quant à Victor Hugo, croyant, il ne transige pas non plus : "Nous connaissons le parti clérical. C'est un vieux parti qui a des états de service. C'est lui qui monte la garde à la porte de l'orthodoxie. C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso" (discours du 20 janvier 1850).

On voit qu'il est abusif d'affirmer que la religion chrétienne a respecté la raison, alors que ses représentants officiels n'en ont longtemps admis l'exercice que dans les limites du dogme, comme le montrent la mise à mort, en 1600, à Rome, de Giordano Bruno, et, trente-trois ans plus tard, la condamnation de Galilée par l'Inquisition. Quant aux philosophes grecs, c'est au travail de penseurs arabes, comme Averroès, que l'on doit en large part le sauvetage de leur héritage, à une époque où la chrétienté ne retenait d'eux que ce qui pouvait concorder avec la doctrine religieuse. Ainsi l'idée que le monde est incréé, chère à bien des philosophes grecs, fut longtemps censurée, et l'on n'admit d'Aristote que ce qui pouvait "servir la théologie" La raison elle-même restait singulièrement bridée, comme chez saint Augustin : "Credo quia absurdum" ["Je crois ceci parce que c'est absurde"].

Le contraste mis en exergue par Benoît XVI ne tient donc que sur la base de deux arguments peu recevables : d'une part, la thèse de la solidarité historique entre christianisme et raison. D'autre part, le silence fait sur l'islam des Lumières, notamment celui d'Averroès, qui reconnaissait à la raison humaine le pouvoir d'interpréter les versets du Coran lorsque leur sens littéral la heurte (voir le Discours décisif).

Quant à la récente déclaration attribuée à Al-Qaeda qui s'en prend à la laïcité en y voyant une invention des "croisés", elle révèle également une singulière erreur historique. L'idéal laïque, on le sait, stipule l'égalité de principe des divers croyants, des athées et des agnostiques, en même temps que leur liberté de conscience. Il fut conquis, en France, non contre le christianisme, mais contre le cléricalisme catholique qui prétendait dicter la loi au nom d'une foi. Bref, si l'on veut, contre les modernes "croisés". Les lois laïques de séparation ont reconduit la manifestation de la foi à la sphère privée, individuelle ou collective, des seuls fidèles. Ce qui est du ressort de la foi de certains ne peut s'imposer à tous. Dans cet esprit, les crucifix, notamment, furent ôtés des monuments publics, afin que tous les citoyens, quelle que soit leur conviction spirituelle, puissent se reconnaître à égalité dans un espace commun, soustrait à la tutelle particulière d'une confession. L'exigence de neutralité des institutions communes à tous leur permet d'assumer pleinement leur raison d'être : promouvoir ce qui est d'intérêt commun. Il n'est donc pas exact de voir dans une telle conquête une victoire des "croisés".

Quelle est l'erreur commune au pape et à Al-Qaeda ? Celle qui consiste à se référer à des traditions closes, territorialisées, et à confondre les civilisations avec les religions. Prétendre que les "bonnes valeurs" sont d'un lieu particulier est irrecevable. On tend ainsi à dresser les uns contre les autres les groupes humains, comme le fait l'ouvrage de l'idéologue américain Samuel Huntington, le Choc des civilisations, en hiérarchisant des "cultures" traitées comme des blocs monolithiques. On renoue ainsi implicitement avec la thèse ethnocentriste naguère dénoncée par Lévi-Strauss dans sa conférence "Race et Histoire". On se dote d'histoires particulières, valorisées contre les autres histoires, et l'invective sourde ou avouée n'est alors que la conséquence d'un tel "esprit de clocher".

Les droits de l'homme, la démocratie, les idéaux de liberté et d'égalité, de paix et de fraternité, l'émancipation laïque, ne sont pas les produits d'une histoire ou d'une civilisation particulières, encore moins l'héritage d'une religion. Ils sont des conquêtes de l'humanité refusant l'oppression, conquises souvent dans le sang et les larmes, à rebours de traditions rétrogrades. Leur portée universelle transcende tous les héritages et réside dans l'exigence d'une vie d'homme debout, rétif à toutes les servitudes.

Henri Pena-Ruiz écrivain et philosophe.
Point de vue publié par le quotidien Libération, Paris, 20 septembre 2006.
Par Christophe Moreau - Publié dans : pensamiento
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Jeudi 19 juillet 2007
« Si le mal existe et que Dieu existe aussi, ou Dieu le sait ou il l'ignore »
 
S’il le sait,
Est-ce que dieu est disposé à empêcher le mal mais n´en est pas capable ?
Alors il n´est pas omnipotent et inadmissible comme dieu

Est-il capable mais pas disposé à empêcher le mal?
Alors il est méchant, cruel et même pervers, donc inadmissible

Est-il à la fois capable et disposé à empêcher le mal ?
Alors d´ou vient tout le mal qui est commis? C’est inadmissible que dieu, étant capable et disposé á faire disparaitre le mal ne le fasse pas.

Est-il ni capable ni disposé à empêcher le mal ?
Alors, pourquoi l´appelle-t-on dieu? C’est inadmissible s’il combine l’impuissance avec la cruauté ?
 
S’il ne le sait pas,
Dieu est aveugle ou ignorant donc inadmissible.
Par Christophe Moreau - Publié dans : pensamiento
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Jeudi 19 juillet 2007
Lettre ouverte à mon frère Benoît XVI - Vivre l'Évangile avec les exclus

Je t'adresse cette lettre parce que j'ai besoin de communiquer avec le pasteur de l'Église catholique et qu'il n'existe aucun canal de communication pour te joindre. Je m'adresse à toi comme à un frère dans la foi et dans le sacerdoce puisque nous avons reçu en commun la mission d'annoncer l'Évangile de Jésus à toutes les nations.
Je suis prêtre missionnaire québécois depuis 45 ans; je me suis engagé avec enthousiasme au service du Seigneur à l'ouverture du Concile oecuménique de Vatican II. J'ai été amené à faire un travail de proximité dans des milieux particulièrement pauvres: dans le quartier Bolosse à Port-au-Prince sous François Duvalier, puis parmi les Quichuas en Équateur, et enfin dans un quartier ouvrier de Santiago, au Chili, sous la dictature de Pinochet.


À la lecture de l'Évangile de Jésus pendant mes études secondaires, j'ai été impressionné par la foule des pauvres et des éclopés de la vie dont s'entourait Jésus alors que les nombreux prêtres qui nous accompagnaient dans ce collège catholique ne nous parlaient que de morale sexuelle. J'avais 15 ans.

Mélange erroné de foi et de politique?

À bord de l'avion qui t'emmenait au Brésil, tu as une fois de plus condamné la théologie de la libération comme un faux millénarisme et un mélange erroné entre Église et politique. J'ai été profondément choqué et blessé par tes paroles. J'avais déjà lu et relu les deux instructions que l'ex-cardinal Ratzinger avait publiées à ce sujet. On y décrit un épouvantail qui ne représente en rien mon vécu et mes convictions. Je n'ai pas eu besoin de lire Karl Marx pour découvrir l'option pour les pauvres. La théologie de la libération, ce n'est pas une doctrine, une théorie; c'est une manière de vivre l'Évangile dans la proximité et la solidarité avec les personnes exclues, appauvries.

Il est indécent de condamner ainsi publiquement des croyants qui ont consacré leur vie, et nous sommes des dizaines de milliers de laïcs, de religieuses, de religieux, de prêtres venus de partout à avoir suivi le même chemin. Être disciple de Jésus, c'est l'imiter, le suivre, agir comme il a agi. Je ne comprends pas cet acharnement et ce harcèlement à notre en droit. Juste avant ton voyage au Brésil, tu as réduit au silence et congédié de l'enseignement catholique le père Jon Sobrino, théologien engagé et dévoué, compagnon des Jésuites martyrs du Salvador et de Mgr Romero. Cet homme de 70 ans a servi avec courage et humilité l'Église d'Amérique latine par son enseignement. Est-ce une hérésie de présenter Jésus comme un homme et d'en tirer les conséquences?

J'ai connu la dictature de Pinochet au Chili dans une Église vaillamment guidée par un pasteur exceptionnel, le cardinal Raúl Silva Henriquez. Sous sa gouverne, nous avons accompagné un peuple épouvanté, terrorisé par des militaires fascistes catholiques qui prétendaient défendre la civilisation chrétienne occidentale en torturant, en séquestrant, en faisant disparaître et en assassinant.

J'ai vécu ces années dans un quartier populaire particulièrement touché par la répression, la Bandera. Oui, j'ai caché des gens; oui, j'en ai aidé à fuir le pays; oui, j'ai aidé les gens à sauver leur peau; oui, j'ai participé à des grèves de la faim. J'ai aussi consacré ces années à lire la Bible avec les gens des quartiers populaires. Des centaines de personnes ont découvert la parole de Dieu, et cela leur a permis de faire face à l'oppression avec foi et courage, convaincus que Dieu les accompagnait.

J'ai organisé des soupes populaires et des ateliers artisanaux pour permettre à d'anciens prisonniers politiques de retrouver leur place dans la société. J'ai recueilli les corps assassinés à la morgue et je leur ai donné une sépulture digne d'êtres humains. J'ai promu et défendu les droits de la personne au risque de mon intégrité physique et de ma vie. Oui, la plupart des victimes de la dictature étaient des marxistes, et nous nous sommes faits proches parce que ces personnes étaient nos semblables. Et nous avons chanté et espéré ensemble la fin de cette ignominie. Nous avons rêvé ensemble de liberté.

Changer de regard

Qu'aurais-tu fait à ma place? Pour lequel de ces péchés veux-tu me condamner, mon frère Benoît? Qu'est-ce qui t'indispose tellement dans cette pratique? Est-ce si loin de ce que Jésus aurait fait dans les mêmes circonstances? Comment penses-tu que je me sente lorsque j'entends tes condamnations répétées? J'arrive comme toi à la fin de mon service ministériel et je m'attendrais à être traité avec plus de respect et d'affection de la part d'un pasteur. Mais tu me dis: «Tu n'as rien compris à l'Évangile. Tout cela, c'est du marxisme! Tu es un naïf!» N'y a-t-il pas là beaucoup d'arrogance?

Je rentre du Chili, où j'ai revu mes amis du quartier après 25 ans; en janvier dernier, ils ont été 70 à m'accueillir. Ils m'ont accueilli fraternellement en me disant: «Tu as vécu avec nous, comme nous, tu nous as accompagnés durant les pires années de notre histoire. Tu as été solidaire et tu nous as aimés. C'est pourquoi nous t'aimons tant!» Et ces mêmes travailleurs, ces mêmes travailleuses me disaient: «Nous avons été abandonnés par notre Église. Les prêtres sont retournés dans leurs temples; ils ne partagent plus avec nous, ne vivent plus parmi nous.»

Au Brésil, c'est la même réalité: pendant 25 ans, on a remplacé un épiscopat engagé auprès des paysans sans terre et des pauvres dans les favelas des grandes villes par des évêques conservateurs qui ont combattu et rejeté les milliers de communautés de base, où la foi se vivait au ras de la vie concrète. Tout cela a provoqué un vide immense que les Églises évangéliques et pentecôtistes ont comblé: elles sont restées au milieu du peuple, et c'est par centaines de milliers que les catholiques passent à ces communautés.

Cher Benoît, je te supplie de changer ton regard. Tu n'as pas l'exclusivité du souffle divin; toute la communauté ecclésiale est animée par l'esprit de Jésus. Je t'en prie, remise tes condamnations; tu seras bientôt jugé par le Seul autorisé à nous classer à droite ou à gauche, et tu sais autant que moi que c'est sur l'amour que notre jugement sera rendu.
 Claude Lacaille, Prêtre des Missions-Étrangères, Trois-Rivières
 
Aider les pauvres est du marxisme et de la naïveté....
C´est Jésus qui doit être content d´entendre des choses pareilles, de la part du représentant de sa "Seule Vraie Ëglise"!!!!!!!!!!
Par Christophe Moreau - Publié dans : pensamiento
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Mercredi 18 juillet 2007
L´avis très intéressant d´un intellectuel Mexicain
Octavio Rodriguez Araujo,
Professeur émérite de l'Université Nationale Autonome du Mexique
 
Les intentions de l'Église catholique
Maintenant, l'église catholique au Mexique, veut imposer ses valeurs et croyances à toute la société. Ses porte-parole essayent de dissimuler ce fait en parlant de libertés, de libre volonté, de décisions personnelles ; mais ceci n´est que discours. Derrière celui-ci il y a les affirmations dogmatiques et exclusives (celles qu'excluent même les autres religions), le sectarisme et une intention claire de pouvoir hégémonique. Pour les Catholiques leur religion est la seule et la vraie. « Nous croyons que cette unique et véritable religion subsiste dans l'Église Catholique et Apostolique, à laquelle le Seigneur Jésus a confié la mission de la diffuser à tous les hommes, en disant aux Apôtres : « Allez, donc, et enseignez à tous les gens, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, en leur enseignant … » (Mt., 28, 19-20).
Pour leur part, tous les hommes sont obligés à chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église, et, une fois connue, de l'embrasser et de la pratiquer. (Voir Dignitatis Humanae, déclaration sur la liberté religieuse, signée par le pape Pablo VI, évêque de l'Église Catholique le 7 décembre 1965).
Cette déclaration rassemble et atténue la mission auto assumée de l'Église catholique depuis des siècles : convertir les « Hérétiques » à la religion catholique (qui est la seule et qui est la vraie). Les vieilles méthodes de conversion et de préservation de la foi chrétienne (comme celles des Croisées et l'Inquisition, quand il était vu comme naturel assassiner à les non chrétiens - musulmans, par exemple, ou chrétiens non catholiques - huguenots- et même des Catholiques non approuvés par le Pape - ou le monarque en place – comme les cathares par exemple), ont été remplacées par d'autres plus modernes, plus en accord avec la situation mondiale.
L'église catholique n'a jamais abandonné son intention de convertir au catholicisme à tous les êtres humains de la planète ni de dominer dans ces pays, où, dans ses calculs, elle croit avoir obtenu une majorité de partisans ou, où elle compte avec des gouvernements en accord avec elle dans le monde terrestre (comme si vraiment le monde de l'Église catholique en était un autre). La stratégie qu´a suivi l'Église catholique pour convertir (et contrôler) les non catholiques a été l'éducation, et celle-ci avec des fortes doses de dogmatisme, c'est-à-dire ce qui ne peut pas être questionné, mais est accepté par la foi. C´est pour cette raison qu´elle insiste tant pour instruire depuis les âges les plus précoces, quand les êtres humains sont plus vulnérables et sans défense, et plus modelable leur conscience.
Collatéralement, quand un gouvernement non ecclésiastique est en accord avec elle, elle profite au maximum de la circonstance pour essayer de s´approprier les systèmes éducatifs existants, toujours en mettant en avant l'argument de la liberté religieuse. La Dignitatis Humanae mentionnée plus haut est très claire sur ce sujet. Dans son premier point on peut lire : « Les hommes de notre temps sont de plus en plus conscients de la dignité de la personne humaine, et augmente toujours le nombre de ceux qui exigent que les hommes dans leur activité jouissent et utilisent leur propre critère et liberté responsables, guidés par la conscience du devoir et non imposés par la contrainte ». La « contrainte » à laquelle elle se réfère est celle de l'État qui établit l'éducation laïque.
« Le critère et la liberté responsables propre » sont des allusions à la vérité divine, en Christ, non à une autre religion et encore moins à la science.
Le
point 14 de Dignitatis Humanae ne laisse pas de place aux doutes. Je le cite in extenso, parce qu'il est très révélateur et confirme mes assertions précédentes :
L'Église catholique, pour accomplir son mandat divin : « Enseignez à tous les gens » (Mt., 18, 19-20), doit se conscrer courageusement « à ce que la parole divine soit diffusé et soit glorifié » (2 Thés., 3, I).
[...]
Pour leur part, les fidèles, dans la formation de leur conscience, doivent prêter une attention diligente à la doctrine sacrée et vraie de l'Église. Donc par volonté du Christ l'Église catholique est l'enseignante de la vérité, et sa mission consiste à annoncer et à enseigner authentiquement la vérité, qui est le Christ, et en même temps déclarer et confirmer avec son autorité les principes d'ordre moral qui découlent de la nature humaine même
. [...] Parce que le disciple a l'obligation grave envers le Christ Maître de connaître chaque jour mieux la vérité de lui reçue, de l'annoncer fidèlement et de la défendre avec courage, en excluant les moyens contraires à l'esprit évangélique.

Ce que veut maintenant l'Église catholique mexicaine est déjà dans ces propos : que l'État fournisse l'éducation religieuse aux étudiants (Journal La Jornada, 9/7/07). Non contente avec les réformes de Salines et la complicité des législateurs du PAN et du PRI complices des articles 3°, 24 et 130 (en 1992), la hiérarchie catholique et ses avocats veulent « perfectionner » ces lois et avoir une plus grande ingérence dans l'éducation. Terminer, peu à peu et patiemment, avec l'État laïque et mettre un terme une fois par toutes à la séparation de l'Église et l'État pour le transformer en une unité et le faire dépendre d'un autre État déguisé d'autorité religieuse : L´état du Vatican. Le pas suivant sera, si nous le permettons, la sujétion de la Constitution Politique au droit canonique qui, selon l'Encyclopédie Catholique, n'est pas autre chose que « une partie de la seule et universelle médiation du Christ [qui est] est le seul médiateur de tout sens ». C'est pourquoi le Droit Canonique doit être : « sacramentel, évangélique (inspiré de l'Evangile) et non délié de ce qui est théologique ».
En un mot, c´est le retour au Moyen âge, et à l'obscurantisme.
Par Christophe Moreau - Publié dans : pensamiento
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Mercredi 18 juillet 2007
Après avoir fait un geste à l'adresse des traditionalistes (L´extrême droite catho) en facilitant la célébration de la messe en latin, le Saint-Siège publie un texte qui réaffirme que l'Eglise catholique est "l'unique Eglise du Christ" et que les Eglises séparées "sont victimes de déficiences".

Article paru dans l'édition du 11.07.07
« En septembre 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la doctrine romaine, avait provoqué l'une des plus belles tempêtes de la fin du pontificat de Jean Paul II. Dans un document intitulé Dominus Jesus, il avait affirmé que l'Eglise catholique était la seule à pouvoir se prévaloir de la qualité d'Eglise. Les Eglises protestantes et le Conseil oecuménique des Eglises (Genève) s'étaient élevés contre cet exclusivisme catholique. L'affaire avait largement contribué à la réputation d'intransigeance du futur pape et son élection avait été accueillie avec beaucoup de réserves dans les milieux oecuméniques.
Son successeur, le cardinal américain William Levada, publie, mardi 10 juillet,
un document qui reprend intégralement cette thèse, comme si la Curie n'avait tiré aucune leçon de la polémique. Pour lui, "l'Eglise du Christ subsiste" (en latin, subsistit in), historiquement et pleinement, dans la seule Eglise catholique : "Elle n'a cessé d'exister au cours de l'Histoire, et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même."

C'est aussi la reprise, presque mot pour mot, de la constitution sur l'Eglise (Lumen Gentium) du concile Vatican II, adoptée en 1964. En faisant ce rappel, l'auteur de ce document romain entend lutter contre les "interprétations erronées" venues de la pratique depuis quarante ans d'un "oecuménisme" mal compris et de "visions inacceptables, encore répandues dans le monde catholique", selon lesquelles l'unité des Eglises ayant éclaté, plus aucune ne peut se considérer comme détentrice de la seule vérité
Autrement dit, une seule Eglise possède la vérité intégrale du christianisme. Les autres - orientales (orthodoxes) ou protestantes - ne sont pas dépourvues d'"éléments de vérité et de sanctification", mais n'ayant pas été fidèles à la foi catholique des origines, elles n'ont pas la "plénitude" des voies du salut, qui ne peuvent être trouvées qu'à Rome.
Les orthodoxes méritent un sort à part. Ils sont les plus proches des catholiques : ils n'ont pas rompu avec le principe de la "succession apostolique" (les évêques descendent des apôtres) et ils ont une conception "valide" du sacrement de l'Eucharistie. Mais ils divergent avec l'un des "principes constitutifs" de la foi catholique : la primauté du pape, évêque de Rome.
Pour les orthodoxes, tous les évêques sont successeurs des apôtres et leurs pouvoirs sont identiques. C'est une "déficience", juge le texte romain. Aussi les Eglises orthodoxes ne peuvent être considérées au mieux que comme des "Eglises particulières ou locales".

ENTORSE AU DIALOGUE

Quant aux Eglises protestantes, nées de la Réforme du XVIe siècle (anglicanisme, luthéranisme, calvinisme, méthodisme), elles ne sont même pas des Eglises authentiques au sens propre. Elles ne sont que des "communautés ecclésiales". Impossible de les qualifier autrement, écrit le cardinal Levada, malgré la "blessure" que ce mot peut provoquer. Car il manque aux protestants les "éléments essentiels" de la foi catholique. Ils croient au "sacerdoce universel" des fidèles : il n'y a pas de différence entre eux, sinon de fonction. Etre "pasteur" est une fonction, non un ministère sacré. Ils ont rompu avec la "succession apostolique" : leur épiscopat, leur sacerdoce ne sont pas "valides". Leur conception de l'Eucharistie (la "Sainte-Cène") n'est "ni authentique, ni intégrale".
Ces points de doctrine ne sont pas nouveaux. Mais les acteurs du dialogue - y compris catholiques - peineront à comprendre les raisons et l'utilité d'un tel rappel de divergences aujourd'hui. Le cardinal Levada n'entend pas contrarier, assure-t-il, le dialogue oecuménique, mais il veut le mener à ses conditions : la fidélité "à l'identité de la foi catholique".

Les réactions risquent d'être vives. Les protestants, en particulier, n'acceptent pas que leur qualité d'Eglise soit ainsi contestée.
Cette manière d'affirmer que l'Eglise catholique est seule à posséder la vérité ne pourra que satisfaire son aile la plus identitaire et dogmatique.Derrière un argumentaire technique et une apparente fidélité à la lettre du concile Vatican II, c'est l'esprit du dialogue ouvert depuis quarante ans entre les confessions chrétiennes qui subit une nouvelle entorse. »
 
Petit à petit ce que je pensais à l´air de se confirmer
On se démarque des protestants, on se démarque des orthodoxes, on mets l´islam au plus bas niveau, on ne veut pas de concurrents alors la meilleure manière est d´éliminer ceux qui pourrait offrir une concurrence.....

Ceci n´est que la préparation du terrain pour la prochaine attaque (Décidément ce pape les enchaîne rapidement les coups sur l´ennemi, gauche droite, gauche droite, c´est le Marcel Cerdan de la spiritualité)
Par Christophe Moreau - Publié dans : pensamiento
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